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Partager au prorata des revenus

Mis à jour le 15 octobre 2026 · 6 min de lecture

Moitié-moitié est simple, et parfois injuste : la même somme ne pèse pas pareil sur deux budgets différents. Le partage au prorata des revenus corrige cela. Il tient en une division — encore faut-il savoir quels revenus y mettre, et reconnaître les cas où il ne faut pas l’employer.

La réponse courte

La part de chacun est son revenu divisé par le total des revenus. Avec 2 000 € et 3 000 €, le total fait 5 000 € : les parts sont 40 % et 60 %. On applique ensuite ce pourcentage à chaque dépense partagée.

Le ratio se calcule une fois, pas à chaque dépense. On le pose, on l’écrit, et il sert jusqu’à ce que les revenus bougent vraiment.

Le calcul, posé sur un exemple

Clara gagne 2 000 € par mois, Thomas 3 000 €. Ensemble, 5 000 €.

Une inscription au club de sport de 300 € se répartit donc en 120 € et 180 €, au lieu de 150 € chacun. Thomas paie 30 € de plus qu’à parts égales — et cette différence représente le même effort pour chacun des deux.

Si c’est Clara qui a avancé les 300 €, Thomas lui doit 180 €. Le prorata change la répartition, jamais le fait que celui qui avance soit remboursé.

Quel revenu faut-il prendre ?

C’est là que les désaccords naissent, bien plus que sur la division elle-même.

Le revenu net, après impôt. C’est ce qui arrive réellement sur le compte, donc ce qui peut réellement payer la cantine. Le brut fait apparaître des écarts qui n’existent pas une fois l’impôt prélevé.

Tous les revenus, pas seulement le salaire. Pensions, loyers perçus, allocations, revenus d’indépendant : si une somme tombe chaque mois et sert à vivre, elle compte.

Les revenus irréguliers se moyennent sur douze mois. Un indépendant qui facture 6 000 € en mars et rien en août n’a pas deux ratios différents : il en a un, calculé sur l’année écoulée.

La variante « reste à vivre »

Le prorata brut a une limite connue : à très bas revenu, 40 % d’une dépense peut rester impayable, parce que l’essentiel du budget part déjà dans le loyer et les courses.

La correction consiste à retrancher de chaque revenu un minimum vital avant de calculer le ratio. Avec 1 000 € de minimum vital :

L’écart se creuse, et c’est l’intention. Cette variante demande de s’accorder sur un chiffre de plus — le minimum vital — ce qui en fait une méthode plus juste mais plus discutable. À n’employer que si l’écart de revenus est important.

Quand le prorata est une mauvaise idée

Quand la dépense ne profite pas aux deux à parts égales. Un billet de train pour un seul parent n’est pas une dépense partagée, quel que soit le ratio.

Quand une pension alimentaire existe déjà. Elle a souvent été fixée en tenant compte des revenus. Appliquer en plus un prorata aux frais courants revient à compter deux fois le même écart. Dans ce cas, le partage à parts égales des frais est généralement le bon choix — la pension ayant déjà fait le rééquilibrage.

Quand le ratio n’a pas été révisé depuis deux ans. Un prorata calculé sur des revenus périmés est moins juste qu’un honnête moitié-moitié.

Le faire tenir dans le temps

Une méthode de partage ne vaut que si elle survit à la fatigue. Trois choses y aident.

Écrire le ratio et sa date. « 40/60 depuis janvier 2026 » évite d’avoir à le reconstituer de mémoire six mois plus tard.

Le réviser à date fixe, une fois par an, plutôt qu’au moment d’une dispute. Un changement de situation — perte d’emploi, augmentation nette — justifie une révision anticipée.

Appliquer le même ratio à tout, et non au cas par cas. Choisir le mode de partage dépense par dépense est la meilleure façon de faire renaître la discussion à chaque fois.

Avec WeSplit

Le mode parts fait exactement ce calcul : on saisit 40 et 60 une fois, et chaque dépense se répartit ensuite toute seule, aux centimes près. Le solde dit à tout moment qui doit combien à qui.

Rien à recalculer à la main, et rien à se rappeler : le ratio est inscrit dans le groupe, visible des deux parents.

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