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Partager les courses quand certains ne boivent pas
Une bouteille de vin dans le caddie commun coûte la même chose à celle qui en boit trois verres et à celui qui n'en boit aucun. C'est le plus fréquent des déséquilibres invisibles, et le plus facile à corriger : il suffit d'une ligne de dépense en plus.
La réponse courte
Sors l'alcool du pot commun et partage-le entre les personnes qui en boivent. Concrètement : deux dépenses au lieu d'une. Une ligne « courses » partagée entre tout le monde, une ligne « alcool » partagée entre les buveurs seulement.
Ça prend dix secondes de plus au moment de noter la dépense, et ça supprime la totalité du problème. Tout le reste — forfaits, estimations, « on arrondit » — est une approximation de ce calcul-là.
Combien ça coûte vraiment, de payer le vin des autres
Un week-end à six. Les courses communes montent à 174 €, dont 48 € d'alcool : trois bouteilles de vin, deux packs de bière. Quatre personnes boivent, deux pas du tout.
| Méthode | Part d'un buveur | Part d'un non-buveur |
|---|---|---|
| Tout divisé par 6 | 29 € | 29 € |
| Nourriture à 6, alcool à 4 | 33 € | 21 € |
| Écart | +4 € | −8 € |
Le calcul juste : la nourriture, 126 €, se divise par six, soit 21 € chacun. L'alcool, 48 €, se divise par quatre, soit 12 € par buveur. Un buveur paie donc 33 €, un non-buveur 21 €.
Huit euros sur un week-end, ça ne vaut pas une dispute. Mais c'est le même week-end deux fois par mois : près de 200 € par an, prélevés sur la personne qui, en plus, raccompagne tout le monde en voiture. C'est la répétition qui fâche, jamais la première bouteille.
Trois méthodes, de la plus simple à la plus exacte
1. Deux lignes de dépense. La bonne méthode dans 90 % des cas. Au retour du supermarché, le ticket se coupe en deux : ce qui se mange, ce qui se boit. Si le ticket est un seul total, l'alcool se retrouve en trente secondes — c'est toujours la ligne la plus chère après la viande.
2. Le forfait boisson. Un montant fixe par buveur, décidé à l'avance : 10 € pour le week-end, versés au pot commun. Imparable à organiser, grossier dans le résultat : celle qui boit un verre paie autant que celui qui finit les bouteilles. À réserver aux groupes où tout le monde boit à peu près pareil.
3. À la bouteille. Chacun paie ce qu'il a ouvert. Exact, et ingérable au-delà de deux heures de soirée. Utile dans un seul cas : la grosse soirée où l'alcool dépasse la moitié du budget.
Au restaurant : l'addition, ligne par ligne
C'est là que le sujet est le plus gênant, parce qu'il faut le dire à voix haute devant le serveur. Le calcul, lui, est le même. Une addition de 168 € pour six : 120 € de plats, 36 € de vin, 12 € de cafés.
| Poste | Montant | Partagé entre | Par personne |
|---|---|---|---|
| Plats et entrées | 120 € | les 6 | 20 € |
| Vin | 36 € | les 4 buveurs | 9 € |
| Cafés | 12 € | les 6 | 2 € |
Un buveur paie 31 €, un non-buveur 22 €. Vérification : 4 × 31 + 2 × 22 = 168 €. Le compte est bon.
Deux réflexes qui évitent le moment pénible. Commander le vin à la bouteille et non au verre : un seul montant à isoler au lieu de onze. Et demander l'addition détaillée dès le début du repas, pas au moment de payer — personne ne lit un ticket de caisse à la lumière d'un téléphone en faisant attendre neuf personnes.
Deux lignes, trois secondes
Dans WeSplit, une dépense se partage entre les participants qu'on choisit : les courses entre tout le monde, l'alcool entre ceux qui en boivent. Les soldes se mettent à jour tout seuls. Gratuit, sans publicité.
Créer un groupe gratuitementLe dire sans créer un malaise
Le problème n'est presque jamais l'argent : c'est la peur de passer pour radin devant ses amis. Trois formulations qui fonctionnent, parce qu'elles ne désignent personne.
- Avant les courses, pas après. « On met l'alcool à part dans le caddie ? » Posée à l'entrée du magasin, la question est de l'organisation. Posée devant la caisse, c'est une réclamation.
- Au nom du groupe, pas de soi. « Comme Léa et Tom ne boivent pas, on sépare les deux lignes » vaut mieux que « je ne bois pas, je ne paie pas le vin ».
- Réciproque. « Et les deux qui ne boivent pas prennent les desserts à part, du coup. » Le découpage cesse d'être une faveur pour devenir une règle.
Et une règle d'or : celui qui ne boit pas n'a pas à réclamer. C'est à la personne qui tient les comptes de séparer les lignes d'elle-même. Un groupe où le non-buveur doit se justifier chaque fois finira par le perdre.
Les cas qui reviennent
Une seule personne ne boit pas. Le découpage paraît disproportionné pour une personne. C'est pourtant là qu'il est le plus nécessaire : elle est toute seule à payer un surcoût que les autres ne voient même pas.
Grossesse, traitement médical, religion, sport. La raison ne se demande pas. Le découpage de la dépense ne la demande pas non plus — on isole une ligne, c'est tout.
En colocation. C'est le cas où l'écart devient vraiment lourd, parce qu'il se répète chaque semaine. La solution tient en une phrase : l'alcool ne passe jamais par le pot commun. Chacun achète le sien, comme ses cigarettes ou ses yaourts préférés. Pas de calcul, pas de négociation, et le budget commun redevient ce qu'il doit être : ce que tout le monde consomme.
Les softs. Oui, un jus de fruits coûte 2 €. Non, on ne fait pas une troisième ligne. Le découpage s'arrête là où il coûte plus d'attention qu'il ne rapporte d'équité.